Mémorial de la terre océane – Kenneth White

En tout temps, le propos de toute poétique lucide et conséquente a été de créer un rapport substantiel entre l’être humain et la Terre. À une époque où l’on parle de sauver la planète, où les discours écologistes abondent, manque, de toute évidence (mais qui sait voir?) une parole à la fois profonde, intellectuellement et culturellement fondée, et spacieuse, c’est-à-dire faisant respirer l’esprit. Les livres publiés par Kenneth White au Mercure de France depuis la fin du XXe siècle – Les Rives du silence, Limites et Marges, Le Passage extérieur, Les Archives du littoral – vont tous dans ce sens. C’est dans ce Mémorial de la terre océane qu’ils trouvent leur apogée. Continuer de lire Mémorial de la terre océane – Kenneth White

Colette Magny. Citoyenne-blues – Sylvie Vadureau

Bien qu’elle n’ait jamais appris les codes de la musique, Colette Magny a bousculé le paysage musical et poétique français. « Citoyenne-blues » nous plonge dans le parcours d’une artiste hors-norme qui, malgré un éveil politique tardif, a mis son talent au service de l’idéal révolutionnaire et de sa soif de justice, de solidarité et de fraternité. Naviguant à contre-courant et face à une censure systématique, son engagement total et son intégrité ont marqué les esprits. De son enfance aux planches de l’Olympia en passant par sa prise de conscience politique, « Colette Magny, Citoyenne-blues » vous plongera dans le parcours atypique de cette artiste exceptionnelle qui a porté la voix des oublié•e•s de l’Histoire jusque dans les amphithéâtres et les usines en grève. Continuer de lire Colette Magny. Citoyenne-blues – Sylvie Vadureau

Manifeste incertain / Emily Dickinson . Marina Tsvetaieva – Frédéric Pajak

Emily Dickinson et Marina Tsvetaieva n’ont apparemment pas grand-chose en commun. La première reste recluse chez elle, à Amherst, dans la vallée du Connecticut, tandis que la seconde, née à Moscou, étudie à Nervi, Lausanne et Paris ; contemporaine de la révolution d’Octobre, elle séjourne à plusieurs reprises en Crimée, avant de s’exiler en 1922 à Berlin, puis en Tchécoslovaquie et en banlieue parisienne. En 1939, elle retourne en Union soviétique où elle se suicide deux ans plus tard.

À travers les vies héroïques de ces deux femmes, le livre évoque deux aventures littéraires qui ont survécu à l’indifférence, à l’hostilité, voire à la censure. Femmes, elles ont refusé de se plier aux convenances et aux procédés du genre poétique, faisant preuve d’une inspiration existentielle à la fois féminine et universelle. Formellement, rythmiquement, métaphoriquement, elles ont bousculé l’ordre littéraire pour imposer un art poétique nouveau.

Ni Dickinson ni Tsvetaieva n’ont douté de leur postérité, convaincues que leur œuvre, surgie du plus profond de leur être, entrerait un jour dans la grande histoire de la poésie moderne. Continuer de lire Manifeste incertain / Emily Dickinson . Marina Tsvetaieva – Frédéric Pajak

Imagination, hallucination, voyance : l’écrivain maudit la société

Cet article redéfinit la fonction poétique pour un certain nombre d’écrivains francophones et anglophones. Chez Keats, Coleridge ou Baudelaire, la vision se voit rapprocher de l’oralité pour donner lieu à une faculté de « voyance » qui pose la question du dérèglement … Continuer de lire Imagination, hallucination, voyance : l’écrivain maudit la société