Rêves de machines – Louisa Hall

En 1663, la jeune Mary Bradford fuit l’Angleterre avec sa famille pour le Nouveau Monde. À bord de leur navire, elle fait la connaissance de l’époux à qui ses parents la destinent.
En 1928, Alan Turing, l’un des pionniers de l’informatique, planche sur le fonctionnement du cerveau et de l’esprit humain.
En 1968, Karl Dettman crée le logiciel de discussion MARY. Il trouve un succès immédiat auprès de son épouse qui lui consacre toutes ses nuits. Elle aimerait que Karl le dote d’une mémoire mais ce dernier s’y refuse, pressentant les risques d’une telle invention.
En 2035, la petite Gaby est au plus mal. Comme bien d’autres enfants, elle s’est vu confisquer le robot avec lequel elle avait noué des liens privilégiés. Elle ne communique plus qu’avec MARY3, désormais pourvue de souvenirs et d’empathie.
En 2040, Stephen R. Chinn purge sa peine pour avoir conçu des poupées dotées d’une conscience si performante qu’elles ont complètement anéanti les relations sociales entre les adolescents de toute une génération.
À travers les siècles et les continents, ces cinq voix s’entremêlent et retracent la création de l’intelligence artificielle et ses dérives.
Dans ce brillant roman, Louisa Hall nous propulse au cœur d’un futur dangereusement proche où les robots sont plus sensibles que leurs créateurs, posant une question essentielle : qu’est-ce qu’être humain? Continuer de lire Rêves de machines – Louisa Hall

Walter Benjamin 1892-1940 – par Hannah Arendt

La gloire posthume est le lot des inclassables. On n’a mesuré l’importance de Walter Benjamin qu’après sa mort. Au croisement de la biographie, de la philosophie politique et de la critique littéraire, Hannah Arendt retrace dans cet essai daté de 1971 le destin individuel et l’itinéraire spirituel d’un homme pris dans “les sombres temps”. La vie de Benjamin ne fut qu’un “entassement de débris”, placée sous le signe de la malchance. Ce mélange de faiblesse et de génie le rendait totalement incapable de faire face aux difficultés de l’existence.
Arendt, fidèle aux grands thèmes qui structurent sa pensée, analyse ses rapports tourmentés avec la judéité et le marxisme, son amour de Paris et de la flânerie ainsi que ses relations complexes avec les intellectuels de son temps. Plongeant au plus intime de l’œuvre, elle décortique la façon unique en son genre qu’il avait de “penser poétiquement”. Philosophe elle-même inclassable, Hannah Arendt était la mieux à même de saisir la subtilité de la figure de Walter Benjamin. Le portrait sensible qu’elle dresse de cet homme constitue sans conteste la meilleure introduction à son œuvre. Continuer de lire Walter Benjamin 1892-1940 – par Hannah Arendt