Mon théâtre – Pippo Delbono

Le naturalisme tue la relation avec le public. Chaque élément, dans un spectacle, est comme une note et chaque acteur est un instrument, comme dans une partition musicale : il y a le sax, le piano, la guitare, la batterie, chacun est seul, mais avec les autres. Chacun a son parcours…et l’écoute se situe à un niveau plus profond. (…) Chacun doit suivre sa propre partition, sans aller dans la partition de l’autre, mais jouer ensemble et, de cette manière, chacun dans sa différence, dans sa solitude, contribue à l’harmonie générale.


Pour moi, l’art est une révolution, cela signifie que c’est une crise, une remise en cause permanente. Il faut être prêt à accepter de tout changer. L’art est dans le changement. Le théâtre est devenu trop souvent réactionnaire, routinier.


Ce mouvement d’ouvrir et de fermer la main que j’ai utilisé dans Il Tempo degli Assassini était l’unique geste que faisait Vittorio quand il était dans le coma et qu’on venait le voir: on l’appelait et sa seule réaction était ce geste, comme un salut. Après trois ans de training, j’ai pu retrouver cette image, la restituer par un mouvement qui prenait naissance dans mon épine dorsale, et transformer cet élément de mon histoire personnelle en signe poétique.


Si on est trop près de soi-même, on devient égoïste, mais si on perd le contact avec soi-même, avec sa propre expérience, si on se penche sur les autres douleurs en oubliant la sienne, on court le risque de devenir démagogique.



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