Le vide ou la caisse de reconnaissance

Il y a une petite avidité dans l’air.

Un état dépressionnaire.

Au large du Gulf Stream, à hauteur de l’Irlande, – une cloche sonne, et les vibrations font chuter un Christ de sa croix – stationne un grand vide.

C’est noté sur les radars.

L’alerte est donnée.

Tous les voyants sont au rouge.

Le vide tourne fou, s’affole lui-même.

Dans deux minutes, il deviendra pillard affamé.

Il ravagera les côtes, visera le cœur.

Se nourrira de tout ce qu’il n’est pas.

Se calmera enfin, sa panoplie de carnaval reconstituée, costume d’une perfection exquise tissée aux veines les mieux dotées en fer et en azote.

La synthèse sera sublime.

Il n’y aura rien à ajouter, le vide à nouveau masqué sera diffusé tel quel dans les médias et chacun y reconnaîtra une parcelle de son secret.

Le génie sera célébré.

Au large de l’Irlande, on déplorera une marée noire, information classée aux faits divers.

©Catherine Pierloz, 23 octobre 2020

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