Au large de l’Histoire – Kenneth White

Que faire de fondamental? D’abord pour donner un fondement et un mouvement à une existence individuelle, mais aussi pour tenter de changer le cours des choses, sur les plans culturel, civilisationnel et sociologique.


Dans une société où la culture est un cirque, l’éducation, une catastrophe, et la politique, un vaudeville, une question se pose : que faire? Entre le décor rétro et le délire futuriste, entre le culte du patrimoine et la culture de n’importe quoi, que faire?


On n’entend plus parler que d’un « monde connecté ». C’est l’utopie « postmoderne ». Connecté comment, et en vue de quoi?


Certes, les énergies originelles subsistent, du moins chez quelques-uns en attendant peut-être l’étiolement total. Comment faire pour que ces énergies ne macèrent pas dans moi-isme ou n’explosent pas en folie?


La question qui se pose à ce stade est celle-ci : peut-on se contenter d’être « le dernier poète »? Peut-on adopter vis-à-vis des forces de dégradation une attitude plus vigoureuse? Peut-on faire de la déconnexion autre chose qu’un nouveau nexus, que certains esprits flaireurs de « nouveautés » seraient prompts à mettre en place?


Ma théorie (…) est que le chamanisme a commencé quand l’homme s’est mis à circuler sur la terre après le retrait du dernier glacier. Il chasse les animaux, mais avec révérence, et il a une peur sacrée du glacier, dont les restes sont encore là-haut sur les hauteurs – les origines de la « déesse blanche »?


Prenez un système thermodynamique isolé, une « source d’énergie ». Tant que le système n’est pas divisé en deux, tant qu’il n’y a pas de rupture d’unicité, tant qu’il n’y a pas d’interaction, il n’y aura pas de travail, pas de processus impliquant ordre et désordre. Pour formuler l’opération de la manière la plus succincte possible, le travail, c’est la libération contrôlée de l’énergie. Voilà la base. C’est sur cette base que l’industrie scientifique s’est mise systématiquement à exercer de la force sur une masse, de manière de plus en plus accélérée, afin d’arriver à des particules de plus en lus élémentaires, en inventant au passage l’énergie atomique. C’est sur la même base que s’est construit le système binaire de l’informatique. Est-il possible, toujours sur cette base, qui me semble primordiale, de faire autre chose?


La question qui reste est celle-ci : une fois que l’on a établi une base solide, une fois que l’on a éliminé l’être psychosocial confus et le moi fictionnant, quel est le rapport maximal que l’on peut entretenir avec la Nature, le grand dehors?


Or, qu’est-ce qu’une vie complète?


https://www.rtbf.be/lapremiere/article/detail_aran-une-autre-histoire-de-vent?id=9109409

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