En canoë sur les rivières du Nord – Robert Louis Stevenson

Il y a ceci de particulier chez certaines femmes qui déconcerte les meilleurs gymnosophistes parmi les hommes; elles se suffisent à elles-mêmes et peuvent marcher dans une haute et froide sphère sans la protection d’aucun de ceux qui portent culottes. J’affirme, bien que je sois le contraire d’un ascète avoué, que je sais plus de gré aux femmes de cet idéal que je n’en saurais à la plupart d’entre elles, voire à toutes sauf une, d’un baiser spontané. Rien n’est aussi encourageant que le spectacle de qui se suffit à lui-même.

Et quand je songe aux sveltes et gentilles vierges qui courent les bois, la nuit durant, au son du cor de Diane, qui errent parmi les chênes antiques, aussi libres d’esprit que ces arbres eux-mêmes, êtres de la forêt et du clair de lune insensibles à l’énervement de la vie ardente et trouble de l’homme – bien qu’il y ait quantité d’idéals que je préfère, je sens battre mon cœur à l’idée de celui-là. C’est décevoir la vie, mais la décevoir avec une telle grâce! N’est point perdu ce qu’on ne regrette point. Et où – ici l’homme se révèle – où serait beaucoup la gloire d’inspirer l’amour, s’il n’y avait nul dédain à dominer?

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