Lettre à mon public

Je veux crever mon ego jusqu’à la voilure

Le vent entrera par les trous et je m’en irai par tourbillon plutôt que par vaste horizon

Je ne veux pas être jeune et moderne

Je veux être vieille comme une souche de pure tradition

Folklorique jusqu’à l’usure

Parce que le plastique ça ne sent pas bon

Et que le succès est périssable

Je veux qu’on ne me regarde pas plus longtemps qu’on ne regarde une pomme accrochée au pommier

Je ne veux pas déranger vos mémoires

Y pisser mes territoires

Je veux rester inconnue

Mais partager quelques chaleurs

Je ne veux ni vous devoir, ni vous attendre

C’est moi qui invite

J’ouvre ma bouche quand vient le chant

On n’achète pas la brisure du silence

Tenace et taiseuse, c’est l’endroit inflexible de moi-même où je me ressource à ma radicalité

Radicalité a mauvaise presse alors je l’emploie avec délice

Radicalité, dernière limite de soi-même, où s’illégitiment les compromis, l’ultime condition avant la mort

Parce qu’il est faux qu’on vive à tout prix

©Catherine Pierloz – Février 2016

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