Agnès Geoffray / Failure Falling Figure

Inspiré par les faits divers, les contes, la mythologie et les faits historiques, le travail d’Agnès Geoffray se fonde sur la réminiscence des images qui occupent notre mémoire, de manière consciente ou inconsciente.

À partir de photographies, textes et performances, Failure Falling Figure s’articule autour de la notion de suspens, ce moment gelé entre la chute et l’ascension, l’effondrement et l’élévation ; et tout particulièrement autour du suspens catastrophique, cette prémonition, dans une image ou un texte, d’un événement à venir, inconnu, dont on pressent néanmoins la dimension dramatique.

Oscillant entre étrangeté et violence, par le biais de mises en scène ou de ré-appropriations, l’exposition met en lumière les ambivalences de ces états de suspension.

Elle s’intéresse tout particulièrement aux gestes, à leur étrange chorégraphie, mue par l’imminence même d’une catastrophe, d’un danger.

Commissariat : Catherine Henkinet

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 Mon parcours dans l’exposition, visite guidée par Agnès Geoffray

 Agnès Geoffray – une voix métallique, une présence longue et douce

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Pièce à conviction
Flying Man
La volée

Sans titre

Dust (LZ 129 Hindenburg)
Dust (LZ 129 Hindenburg)

Performance pour le lieu
Canards sanglants

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FR extraits

(…)

TG : Alors je crois que nous sommes arrivés au coeur de l’entretien, puisque je vais vous

demander de nous raconter votre histoire.

AG : L’histoire pourrait être comment j’en suis venue à l’art… C’était en 1997, j’avais environ

20 ans, je suis allée voir la biennale de Lyon – je suis originaire de Lyon – avec mes parents,

qui voulaient absolument voir cette biennale. Moi je n’avais jamais trop aimé l’art, mais

je les ai accompagnés, avec mon frère. En fait, j’ai perdu mes parents au cours de cette

exposition. L’une des pièces présentées était une pièce de Chris Burden, un rouleau

compresseur volant qui tournoyait sur lui-même. À un moment, il s’est décroché et mes

parents et mon frère sont morts sur le coup, écrasés. J’ai perdu mes parents par l’art.

TG : Et votre frère ?

AG : Les trois sont décédés. Ça a été évidemment très dur. Il m’est donc venu l’idée de

louer des parents fictifs. À l’époque, j’ai loué des acteurs, qui se sont imprégnés du rôle

de mes parents et de mon frère. Ils se sont coupé les cheveux, ils ont porté les habits des

disparus, je les ai plongés dans les archives familiales et ils ont tenté de réagir comme les

disparus. Finalement, ils me sont devenus très proches, aussi proche que pouvait l’être ma

famille disparue.

TG : Et ensuite ?

AG : Ensuite, il y a eu comme une cassure, parce que, dans notre maison, il y avait encore

les images de ma famille passée disparue qui nous côtoyaient chaque jour, et il y avait

comme une fracture entre ma famille passée et ma famille présente. Nous avons donc

décidé, avec ma nouvelle famille, de recréer notre propre archive familiale, nous avons fait

des tas de photos, où l’on se photographiait pour les anniversaires, Noël, etc., simplement

c’était un passé récent. J’ai évacué les archives anciennes, je les ai conservées mais juste

évacuées. J’ai remis les nouvelles photos, les nouvelles archives dans la maison.

TG : Et ensuite ?

AG : Il y a eu un problème. De là découle peut-être mon attrait pour les faits divers. Cette

histoire a été surmédiatisée à un moment donné, parce que j’accaparais complètement ma

nouvelle famille, qui était de moins en moins des acteurs mais de plus en plus ma famille.

Et les proches de ces acteurs, qui avaient perdu leur famille pour le coup, m’ont intenté

un procès. Il y a eu des tas d’images qui ont été prises à ce moment-là. Dans la presse,

on pouvait voir des photos de moi, des photos de ma famille fictive, et de leur famille

réelle, qui côtoyait ma famille disparue. C’était un imbroglio de photographies, d’archives

familiales, fictives ou pas fictives, la limite n’existait plus.

TG : Et le procès a donné lieu à quoi ?

AG : Ma famille fictive a dû retourner dans sa famille d’origine. Je les vois toujours,

simplement je ne les côtoie plus vraiment. À partir de là, ma vie a basculé. Non

seulement parce que je n’avais plus cette famille-là non plus, mais aussi parce que cette

surmédiatisation m’a amenée à l’art finalement. Toutes ces images diffusées dans la presse

ont interpellé des gens du milieu de l’art, qui sont venus me voir et qui, à un moment

donné, ont voulu exposer toutes les images produites autour de cette histoire, ou de ma

vie. Il y a eu une exposition qui regroupait tous ces types d’archives, archives familiales et

journalistiques. Et finalement, ce que je détestais le plus : l’art, qui m’a enlevé mes parents,

m’a été révélé par la suite puisque je pratique moi-même la photographie aujourd’hui.

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