Sophie Cauvin / Géométrie sacrée

Dans une éblouissante gerbe de lumière jaillie de ses mains, Sophie Cauvin – artiste visionnaire – nous donne aujourd’hui à voir ce que l’œil humain n’a encore jamais pu voir.

Faisons silence en nos regards. Et ouvrons les yeux.

Avant l’émergence incandescente de l’Univers au cœur d’une immense lame de feu, en un temps imaginaire bien antérieur au Big Bang, existaient sans commencement ni fin des nombres purs, des dimensions aujourd’hui perdues, des êtres géométriques chassant leurs éternels glissements de lignes, d’angles et de surfaces à l’infini.

C’est ce monde là, cette vie éternelle avant la naissance de la matière, que Sophie Cauvin, dans son art en lévitation au dessus des langages terrestres, nous invite à contempler.

Sophie Cauvin est une artiste hors du temps. Hors des codes. Hors des modes.

Hors du bruissement des langues ordinaires. A l’écoute méditative des équations relativistes du champ. Des vortex et des ressacs. A ce point que – pour la première fois peut-être dans l’histoire de l’art – elle nous permet de saisir le reflet miraculé de cette ère sans durée, d’essence mathématique, qui a précédé l’émergence brûlante de l’espace-temps. Avec elle, auprès d’elle, sur le fuseau infini de son regard, il devient possible de déceler dans le rayonnement d’un cristal qui songe le vide quantique annonciateur, à un milliard d’années de là, d’un ciel constellé.

En cela, Sophie Cauvin échappera pour toujours à la ronde éphémère des époques et des modes. Avec son esthétique si profonde conjuguée à une force bouleversante, elle nous invite à rêver à ces formes universelles, ces entités transcendantes qui nous font signe depuis l’au-delà de notre monde, dans la plénitude éclatante de leur beauté, sans que nous puissions les nommer.

Elle nous invite à trembler du même rêve qu’elle.

Sophie Cauvin est donc aussi poète. Exploratrice. Philosophe. Géomètre. Métaphysicienne. Femme. Son regard pluriel et merveilleusement Platonicien nous fait enfin comprendre, par la grâce de son toucher traversant, que le temps est l’image mobile de l’éternité immobile. Que la nature est écrite en langage mathématique, comme a osé le dire Galilée en 1610, face au vol de nuit des étoiles. Mais qu’à l’exemple de ses cadres en fuite au delà de leurs frontières naturelles, le sens des choses ne peut se trouver qu’au delà du principe d’incomplétude qui borde notre monde.

Quand Sophie Cauvin donne à l’une de ses œuvres le titre ‘Genèse’, elle nous fait remonter d’un trait les millions de siècles. Jusqu’où? Jusqu’à l’origine de la matière, bien sûr, à l’instant du Big Bang.

Mais pas seulement.

Car en artiste ardente en quête du beau, du bien ert du vrai, elle ne s’arrête pas là.

Elle veut savoir.

Elle va savoir.

Elle sait.

Elle connaît la traversée phosphorescente du cône de lumière. La marche enchantée vers ce mur de la matière que les physiciens théoriciens appellent ‘le mur de Planck’. Laissant loin derrière elle les amarres brisées et les équipages, elle nous fait voyager à l’air libre vers la Singularité Initiale de l’espace-temps. En apesanteur vers l’instant zéro. Là où notre Univers n’était encore qu’une brume mathématique en suspension dans un polyèdre d’évanescence.

Mais que pouvons nous donc voir ‘là bas’? Dans ce grand ailleurs où rien de ce que nous connaissons ici n’existe encore?

Des formes d’essence géométrique. Des groupes de symétrie tournoyant hors de leur revêtement universel. Des tesseracts en flamme, dont l’ombre en chute libre projette sur Terre l’image éblouie d’une infinité de cubes à deux dimensions. Et enfin, au bout de la nuit étoilée, le code cosmologique porté par le point zéro de l’espace-temps, à l’origine de tout ce qui existe, depuis l’aube jusqu’à la fin des temps.

Avec cette artiste de tous les siècles, cette âme aux mains pures, nous découvrons en larmes comment notre univers a jailli du néant. Pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien. Et le sens de la vie.

Le sens de la vie.


Grichka et Igo Bogdanov (préface du catalogue de l’exposition)

———————————————————————————————————————————

Interview

L’inconscient et l’aléatoire jouent un rôle primordial dans vos œuvres, faites-vous un travail de recherche ou d’introspection avant de toucher à la matière ?

Comme un yogi qui entre en méditation, je me conditionne à abandonner les pensées parasites du monde extérieur pour ouvrir la porte de mon inconscient. Alors, je laisse mon inspiration évoluer au gré des forces créatrices du moment. La matière est un medium extraordinairement vivant, elle m’accompagne dans cette trajectoire en dialoguant avec moi. Je vois en elle, elle me trace un chemin et je poursuis ma voie.

Esthétique et symboliste, la matière est au coeur de votre travail, quels rapports
entretenez-vous avec celle-ci et dans quelle mesure vous guide-t-elle par ses propres réactions ?

J’ai commencé, il y a vingt ans, à travailler avec du sable que j’avais ramené d’Égypte. Il m’inspirait toute l’histoire et la charge symbolique de ce pays. Ce n’était pas n’importe quel sable. Depuis lors, au fil de mes voyages, j’ai récolté des centaines de terres venant des quatre coins du monde. Par magie, toute cette symbolique est unifiée, elle représente l’universalité de l’histoire de l’homme.

Vos œuvres invitent à nous interroger sur notre propre lien avec le monde dans lequel nous vivons, à travers un retour aux sources de l’humanité. Comment vous est venue cette envie et quels sont les aspects de la société actuelle que vous souhaitez dénoncer ?

La philosophie, les questions fondamentales de notre passage sur cette planète m’interrogent. Elles ont toujours été le moteur de mes pensées et de ma quête. L’homme est universel, il s’interroge toujours sur les mêmes questions fondamentales de vie, de mort, de dieu et de sa place dans l’univers. À ma manière, j’essaie d’y apporter ma lumière.

Quel a été votre parcours artistique et comment le besoin de créer un art universel, tourné vers la nature vous est-il venu ?

Mon parcours a débuté tout de suite dans la voie que je poursuis actuellement. L’esprit et la matière sont mes deux alliés. Grâce à cela j’ai trouvé un équilibre fondamental qui me lie avec les hommes car c’est d’eux dont il s’agit et c’est de cette terre dont ils sont issus. Mon langage n’a pas d’âge, pas de mode, il est autonome et libre.

www.sophiecauvin.com

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s