La mélancolie des refus

Elle a refusé son destin, parce qu’elle venait de la lignée de ceux qui ne se sont jamais prononcés.
A l’heure chaude, Apollon vint.
Elle était sous l’arbre, comme il l’avait ordonné.
Elle était dévêtue, comme il l’avait ordonné.
Il n’avait plus rien à lui apprendre.

« Tu seras un corps radieux, après moi. », il lui avait dit.

« On ne t’appellera plus fille de roi, on t’appellera la géante, parce que ton pas sera plus lourd, tu marqueras le sol d’une empreinte ineffaçable. Ma semence restera en toi et engendrera ta voix, une voix qui blessera leurs cœurs et fracassera leurs oreilles. Ils t’appelleront la géante à la voix de bronze, parce que j’aurai joui en toi. Tu enfanteras des visions, tu les accoucheras par ta bouche. Et ils verront ce qui n’est pas encore inscrit dans le temps.»

« Ouvre les cuisses, Cassandre, fille de Priam, car aujourd’hui un Dieu vient te prendre. »

Cassandre ouvrit les jambes, la chaleur du dieu fauve tourbillonna autour d’elle, la belle figure monstrueuse soudain et floue… plus de contours, seule une présence dissoute.

Et elle le refusa.

©CatherinePierloz2014

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