Hector

Je voudrais reconnaitre leurs pas quand ils montent vers la terrasse du Palais de Priam.
Je voudrais comme Hecabe, leur mère, les reconnaitre a leur souffle.
Je voudrais les voir a travers les yeux de leurs femmes.
Ils avancent vers moi, lentement, année après année. Plan flou qui se précise. Ils arrivent vers moi du désert. Leurs silhouettes, traces noires tremblées sur l’horizon ondulant de chaleur.
Et là, marchant devant les autres, Hector… Je ne l’avais pas imagine si jeune, si grand, si élancé.
Il marche, tranquille. Il pose le regard avant le pied.
Souvent, il s’arrête. S’assied à distance.
Dans le silence, il contemple les impressions accumulées, il les assemble et les ordonne. C’est un homme qui réfléchit.
Puis il avance à nouveau.
Rassemble ses hommes, plaisante. Quelques mots, une formule. Efficace.
Ses grands yeux ombrageux brillent. Ironie. Bienveillance. Ses hommes l’aiment.
Comme on aime les hommes au cœur intelligent. Avec discrétion. Sans épanchements.
Un échange de regard suffit, et un hochement de tète.
Le voilà de nouveau en tête.
Comme un cheval qui galope au-devant du troupeau.
Galop tranquille et fier.
Les grands membres déliés malgré le corps massif, compact. Un corps fait pour la guerre.
Et la chevelure, épaisse et noire, crinière qui bat le dos.
Visage lisse au nez grand, expressif et mobile. De ceux qui se laissent impressionner par le monde sans en être effrayes.
Visage brusquement ferme, barre par les sourcils épais, comme une forteresse infranchissable.

©CatherinePierloz2014

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