Je #Tricherie et respect dans le récit de vie

#Récit de vie_Entre respect et tricherie
Dire en Je est pour moi une matrice.
J’y trouve tout ce dont j’ai besoin.
L’ancrage. Mes souvenirs sont des racines. Je n’ai à craindre aucune défaillance de la mémoire. Tout est déjà là, je n’ai plus qu’à m’y balader.
La présence. En Je, je suis Juste. Je dis Je et se réalise malgré moi un check-up de ma présence à moi-même et aux autres. Un Je bien senti n’autorise aucun mensonge. Mensonge dans le sens : ‘ce n’est pas toi qui est là devant nous, qui joues-tu?’. Arriver sur scène et dire Je, c’est vérifier que Je suis bien présente.
La parole. Si je suis bien présente, les mots sortent évidents. Ils n’auraient pas pu être autres, là maintenant. Les mots ne sont plus des mots, joliment agencés, ils deviennent parole qui communique, qui raconte. Parole dont le souci est d’aller vers d’autres, d’aller au-delà de la compréhension langagière, de toucher au cœur.
La parole contée. Raconter ce qui vient de moi, de mes souvenirs, me permet une souplesse dans l’acte de raconter. Je suis exactement entre mon histoire/souvenirs et le public qui l’écoute. Je tâtonne de l’une aux autres. Je me promène dans mes souvenirs de la manière adéquate là, maintenant, pour toucher ce public là, présent. Comme un animal, je rôde de ceux-ci à ceux-là en tentant d’établir des intersections agissant de l’un à l’autre. Comme un animal, je trace un territoire.
Le mensonge. Enfin, le mensonge, qui n’est autre chose que la liberté qu’on s’autorise avec ses propres souvenirs. Redevenir créateur de ce qui a déjà été vécu. Trier toujours, indéfiniment Cendrillon, entre le bon grain et l’ivraie. Et se permettre de choisir parfois l’ivraie, parfois le bon grain. On franchit les portes de l’imaginaire : ce n’est plus soi, c’est toujours soi.

Parler en Je, c’est le respect de moi, maintenant, et pour cela le contenu autorise toutes les tricheries.
Dire en Je, c’est la base de ma pratique de conteuse. Y revenir souvent me permet de ne pas perdre contact avec ma nature de conteuse, que je veux garder présente aussi loin que puisse aller l’élaboration de formes artistiques.

 

Films7 – Notes | Littérature – Cinéma – Théâtre – Musique – Arts
Typologie historique des écritures en fonction du Je, pronom de l’Imaginaire – Roland Barthes

Roland Barthes :
« 1. Le Je est haïssable  -> Classiques
2. Le Je est adorable -> Romantiques
3. Le Je est démodé -> « Modernes »
4. J’imagine un « Classique moderne » -> le Je est incertain, triché »

Typologie historique des écritures en fonction du Je, pronom de l’Imaginaire   in : La préparation du roman,
Notes de cours et de séminaires au Collège de France
, Seuil, Page 229

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