L’affaire Kristof

Kristof. Le premier que j’ai aimé. Le premier visage sur mes imaginaires fantaisies amoureuses et érotiques. Jusqu’alors j’avais été submergée par la possibilité d’être aimée. Avec lui, l’heure me semblait venue de connaître la véritable ivresse.

Pourquoi Kristof ?

C’était Monsieur Kristof en fait, mais nous l’appelions Kristof, comme nous disions, entre nous, Hagelmayer ou Vighenot pour les professeurs de géographie et de physique. Monsieur Kristof, lui, enseignait la biologie.

Pourquoi lui ? A cause de ce qu’il m’avait dit quand nous nous sommes croisés dans le couloir. C’était en février. Je m’en souviens très bien. Il avait neigé. Tous les élèves, surexcités, étaient restés dans la cour, pris dans une gigantesque bataille de boules de neige.

Moi, j’étais une ombre, un fantôme. Aucun des élèves n’avaient paru remarquer ma présence dans cette école depuis que j’y étais inscrite. J’arrivais le matin, émergeant de la forêt encore embrumée par un chemin de terre qui débouchait à l’arrière de la cour de récréation. Personne ne venait par là. Les autres étaient déposés par leurs parents sur le parking de l’école, ou bien ils arrivaient par le bus dont l’arrêt se situait devant le café du village, en contrebas de l’école. Je déboulais donc, les pieds trempés par les hautes herbes humides et les cheveux parsemés de branches de sapin– le bout du chemin n’était pas débroussaillé. Les quelques groupes d’élèves qui se réfugiaient là, dans le fond de la cour, me jetaient un bref regard et les bavardages s’interrompaient pour quelques instants. Personne ne répondait jamais à mon « bonjour » timide. Peut-être le disais-je trop bas.

Je me faufilais à l’arrière des rangs à l’heure de monter en classe et la longue journée commençait. Une journée dont je craignais moins les temps de cours que les temps de pause pendant lesquels il me fallait trouver des occupations pour cacher ma solitude. J’errais dans les couloirs où je croisais invariablement un professeur, concentré et rapide, qui me jetait un regard surpris et s’arrêtait un instant pour me demander si je ne voulais pas rejoindre mes camarades, ce qui m’humiliait. Ce matin-là, c’était Kristof que j’avais rencontré. L’ayant vu arriver au bout du long couloir sombre, j’avais pris un air concentré en fouillant dans mon sac pour me donner une contenance. Mais il s’est arrêté, a patiemment attendu que j’aie trouvé ce que je semblais chercher. Puis il s’est accroupi – j’étais à genoux -, m’a pris le menton pour me forcer à le regarder. J’ai eu un mouvement de recul. Il a fait un geste pour me calmer, puis d’un ton plus bas il a soufflé : « Tous les professeurs se font du souci pour toi. Tu sais, Nadia, tu peux toujours nous parler. Tu peux toujours me parler. » Il avait accentué le « me ». J’ai dit « Oui, oui » et je me suis enfuie.

J’ai ensuite beaucoup regretté que ma fuite puisse être assimilée à de l’impolitesse. Je craignais avoir indisposé la seule personne à avoir manifesté de l’intérêt pour moi dans cette école.

« Tous les professeurs se font du souci pour toi. Tu peux toujours me parler ». Je me répétais ces mots sans cesse. Je me sentais embêtée de causer du souci. Je suis devenue timide avec les professeurs que je considérais auparavant comme faisant partie intégrante du décor, purs accessoires. Lorsque je croisais le regard de l’un d’eux, désormais, je croyais déceler en lui l’intention de m’aider et je ne savais comment le rassurer. Alors que je m’étais habituée à n’exister pour personne, je venais de réaliser qu’on parlait de moi, qu’on se tracassait pour moi, donc qu’on m’observait, qu’on m’évaluait. Soudain, je réalisais qu’il n’était peut-être question que de moi. Les professeurs essayaient de me faire passer des messages, discrètement, à travers leur cours. Je repérais des petites phrases qui ne pouvaient avoir été dites qu’à mon intention. La professeur de français a lu un extrait de L’étranger de Camus, puis a commenté le texte d’un air grave, soulignant que n’être relié à rien ni à personne était sans doute le plus grand drame que puisse connaître un être humain. Elle a jeté un coup d’œil dans ma direction et comme je me troublais elle m’a demandé ce que j’en pensais. J’ai répondu que Meursault était relié à lui-même et que ça me semblait déjà beaucoup, mais j’ai bégayé et j’ai parlé tellement bas qu’elle n’a pas compris. Elle s’est tournée vers quelques élèves du fond de la classe qui ricanaient. Le professeur d’histoire nous a expliqué que l’Histoire concernait l’ensemble des hommes, que les individus qui s’astreignaient à vivre en-dehors du groupe se reléguaient eux-mêmes aux marges de l’Histoire, qu’ils évoluaient dans un espace-temps qui ne figurerait jamais dans aucun manuel, que l’évolution de l’Histoire ne les concernait pas. Le professeur de mathématique a tracé deux ensembles pour nous expliquer un exercice de probabilité. Il a dessiné des points dans ces ensembles et un point en-dehors. Il a dit que ce point-là était ce qui n’était jamais pris en compte dans les calculs. Aucun jour ne passait sans que je ne reçoive un avertissement du genre. Ils voulaient m’aider. Ils m’observaient. Ils cherchaient à communiquer avec moi. Ils étaient témoins de ma singularité. Ils voulaient entrer dans mon univers. Peut-être les intriguais-je ? Peut-être m’admiraient-ils secrètement ? Je sentais leur regard peser sur moi où que je sois, quoi que je fasse, et puisqu’ ils voulaient me protéger, j’ai cru que je les avais séduits.

Le lendemain de ma rencontre avec Kristof, j’ai eu cours avec lui. J’étais terriblement impressionnée. Je ne savais pas comment me comporter. J’avais l’impression que nous avions un secret. Il s’était agenouillé à mes côtés. Il avait touché mon menton. Sa main était un peu rêche et il avait serré fort. Il m’avait parlé tout bas. Il avait dit : « Tu peux me parler » en insistant sur le « me ». J’aimais imaginer qu’il sous-entendait que nous devrions nous rencontrer dans un café, après les cours. Qu’on s’y retrouverait en cachette. Nous serions d’abord intimidés et silencieux mais il me regarderait profondément. Puis il se pencherait vers moi, inquiet et protecteur. Il me dirait « Parle-moi » tout bas, je m’approcherais de lui et ma bouche frôlerait la sienne. Nous nous figerions, tendus de désir. Il s’écarterait en baissant la tête, et puis brusquement se jetterait sur moi et m’embrasserait presque violemment, ses deux mains enserrant délicatement mon cou.


La perspective des grandes vacances m’était insupportable. Le voir m’était devenu vital. Il était ma respiration. Mes journées étaient rythmées par les moments où je pouvais l’apercevoir. Je n’avais que deux heures de cours avec lui. C’était infiniment peu. Mais il surveillait aussi la récréation deux fois par semaine, et il remplaçait parfois la secrétaire de l’accueil qui s’absentait souvent cette année-là puisqu’elle était enceinte. Je ne voulais que le regarder. Je n’espérais qu’un échange de regard. Je n’osais pas lui parler. Pourtant quand il surveillait la récréation, les élèves aimaient venir parler avec lui, surtout les filles. Il était plutôt jeune, assez sérieux. Il prenait très à cœur son rôle de confident des élèves. Les filles aimaient cela, elles disaient « Avec lui il y a moyen d’avoir des discussions profondes ». J’étais rongée par la jalousie. Un jour, j’avais rejoint le groupe de filles agglutinées autour de lui. Je riais à chacune de ses paroles, mais quand il m’avait questionnée j’avais émis un ensemble de sons bizarres et incohérents, que je n’ai moi-même pas compris. Il avait détourné la tête, gêné.

Je me suis enfuie de l’école ce jour-là, je me suis cachée dans la forêt, roulée en boule dans le feuillage d’un arbre qui venait d’être abattu. J’ai pleuré comme je n’avais encore jamais pleuré. A gros sanglots arrachés au fond de ma gorge. Je pleurais sur ma solitude, sur mon incapacité à communiquer. Sur son regard qui se détournait de gêne alors que je l’avais toujours pris pour mon allié, celui qui me réconforterait dans les moments douloureux, qui verrait plus loin que la façade éraillée et imparfaite.


Eve a demandé à rencontrer Monsieur Kristof un jour. Il l’a reçue dans sa classe à la fin des cours. Il a tout de suite pensé qu’elle était un peu dérangée. Elle est entrée avec la précaution d’un inquisiteur qui vient traquer le démon. Elle le regardait avec de petits yeux méfiants, et alors qu’elle était restée immobile à côté de la porte ouverte, elle a mis la main dans son sac tout en continuant à le fixer. Il a vraiment cru qu’elle allait en sortir une fiole d’eau bénite pour la lui jeter à la face. Mais elle lui a tendu un cahier. Il a reconnu l’écriture de Nadia.

Elle lui a demandé de lire d’un ton accusateur.

Ils ne s’étaient pas encore salué, il ne l’avait pas fait s’asseoir. Ils restaient debout l’un et l’autre, séparés par toute la largeur de la classe. Elle avait un air obtus et pincé comme pour se prémunir contre lui, quoi qu’il arrive. Il était un peu démuni. Mine de rien, elle menait la danse et il savait pourtant qu’il fallait toujours se méfier des parents qui viennent jeter la première pierre. Mais il ne savait ni que dire ni que faire. Alors il a pris le cahier, il l’a vaguement feuilleté. Il est tombé sur la phrase presque par hasard.


Monsieur Kristof ressemblait à un arbre dévasté par la foudre dont les branches pendouillent lamentablement dans une grosse flaque. Il ne se remettra probablement jamais de ce scandale car il était comme ces tissus dont les taches ne s’effacent jamais tout à fait.

Eve, qui en savait bien plus que ce qu’elle avait bien voulu dire au directeur, pensait que cet air de vieille loque que Monsieur Kristof affichait depuis l’éclatement de l’affaire méritait à lui seul de sévères sanctions. Dans la nature ne s’affaisse que ce qui est pourri, marmonnait-elle.

Le directeur les avait convoqués dans son bureau. Il y avait des papiers à signer, comprenant probablement, soupçonnait Eve, quelques lâches manigances qui le sortiraient lui-même et son école du bourbier, laissant son pauvre professeur encaisser seul le choc et la honte.

Monsieur Kristof était déjà là quand Eve est entrée. Il était planté comme un vieux mât sur un bateau échoué, quelque part entre le bureau du directeur et la fenêtre. Il avait les genoux légèrement plié et courbait le dos comme il se doit au coupable à qui ne vient pas la dignité de protester de son innocence.

Quand Ève est entrée, Monsieur Kristof l’a reconnue exactement telle qu’il se la représentait dans ses rêves depuis qu’elle lui avait rendu visite dans sa classe : une petite femme féroce, à la puissance inouïe caractéristique de ceux qui dirigent absolument tout leur être dans une seule et unique direction.


Monsieur Kristof a été renvoyé. Les filles qui venaient se confier à lui, ça avait déjà attiré l’attention.

Toute l’école a été choquée par le scandale. Des pétitions ont été écrites pour protester. Ses chères élèves se sont mobilisées pour lui rendre justice. Des journalistes sont apparus à la sortie des classes. Des parents ont demandé qu’une enquête soit ouverte. Des professeurs ont réglé leurs rancunes personnelles en jetant leur fiel au lieu de donner cours. Moi, j’étais atterrée. Je ne pensais qu’à une chose : je ne le reverrais jamais. C’était fini. C’était fini pour toujours. Mon premier amour avait disparu sans que je sache si mes sentiments avaient été partagés. Parfois je me disais que son renvoi était une preuve de son amour. Je l’imaginais avouant au directeur qu’il m’aimait aussi, que c’était difficile pour lui de me côtoyer tous les jours sans rien pouvoir manifester de ses sentiments.

J’ai été convoquée à un conseil de classe avec ma grand-mère. Elle est restée obstinément taiseuse durant tout l’entretien, me jetant parfois un regard mauvais. On voulait connaître ma version des faits. J’étais étourdie d’être le point de mire de toute cette assemblée. Cette agitation me confortait dans l’idée que quelque chose s’était bien passé. On me pressait de questions. Je n’osais pas lever la tête, je ne savais que répondre. Alors, le directeur a pris la lettre et a lu mon poème. Ma grand-mère s’est enfoncée dans son siège, le visage entre les mains. Le directeur m’a demandé ce que cela signifiait. J’étais rouge de honte à cause de cette lecture publique. Les professeurs se passaient le poème de main en main. Alors pour ne pas me noyer dans le désarroi, je me suis écriée :

  • Il m’aimait !

Le silence a duré longtemps. Le directeur a pris un ton plus doux.

  • Nadia ? Vous l’a-t-il dit ? Comment le savez-vous ?
  • Il m’a emmenée dans un café.
  • Que s’est-il passé Nadia ?
  • Il m’a demandé de lui parler.
  • De parler de quoi ?
  • De moi. Il voulait me connaître.
  • Pourquoi ?
  • Il s’inquiétait pour moi. Il voulait m’aider.
  • Cela ne signifie pas, Nadia, qu’il vous aimait. Vous comprenez bien de quoi il s’agit, j’espère. Monsieur Kristof pouvait avoir de la sollicitude pour vous, mais cela ne signifie pas qu’il vous aimait comme… comme un homme aime une femme.
  • Il m’a embrassée !
  • Il vous a embrassée ?
  • Oui. D’abord il n’osait pas, puis il s’est jeté sur moi, il a pris mon visage dans ses mains et il m’a embrassée.
  • ……
  • Il m’a dit qu’il m’aimait. Qu’il voulait m’aider.
  • Vous aider à quoi ?
  • ………..
  • Vous aider à quoi Nadia ?
  • Je ne sais pas.
  • L’avez-vous revu ? En dehors des heures de cours je veux dire.
  • Oui.
  • Quand ? Où ? A quelle fréquence ?

Le directeur s’emportait, il était tout rouge et le ton de sa voix partait dans les aigus. Tous les professeurs gardaient la tête baissée. Ma grand-mère regardait par la fenêtre, se détournant de moi.

  • On se voyait dans le bois.
  • Dans le bois ?
  • Oui. Il m’expliquait la nature. Pour illustrer son cours.
  • Il ne faisait que ça ?
  • ……..
  • Nadia ?
  • Non.
  • Que faisait-il d’autre ?
  • Il m’embrassait.
  • C’est tout ?
  • Non.
  • Que faisait-il Nadia ?
  • Il me déshabillait.
  • ………
  • Il me caressait.
  • …………..
  • On faisait l’amour.
  • ……………
  • On s’aimait, vous savez.

On a beaucoup parlé de l’affaire Kristoff. Les journalistes ont encore ressorti l’histoire lors du procès Landmannalaugar. Ils ont continué d’écrire que Kristoff était coupable, que j’avais été abusée par lui. Je n’ai pas voulu clarifier la chose à l’époque pour ne pas aggraver mon cas. J’étais présentée comme la victime par excellence, une première fois celle du monstre pervers Kristoff et ensuite celle d’un dangereux groupe de terroristes qui m’avaient manipulée en profitant du fait que j’étais amoureuse de l’un des membres de l’équipe. Je n’ai pas osé prétendre le contraire. C’est grâce à cela que j’ai échappé aux dix années de prison que les autres ont dû purger, alors que je m’en suis tirée avec une seule. Parfois je me demande si j’ai honte de ce silence. Mais, la vérité c’est que ça m’est égal. J’ai oublié Kristoff. J’ai oublié Antoine et les autres. J’ai oublié ces épisodes-là. Ils sont comme des parenthèses dans ma vie. Ma vie, la seule qui ait du goût, est celle qui tourne autour de Eve. Foka, c’était Eve. Yvan aujourd’hui, c’est le retour à Eve. Le reste n’est qu’une pâle pièce de théâtre. Tout est en carton, il n’y a que de la parlote et des attitudes. Rien de vrai. Je suis suffisamment lucide pour comprendre que ce que j’affirme là n’est pas une vérité absolue. Mais personne ne pourra m’empêcher de ressentir cela de cette manière. Chez moi, c’est chez Eve. Ailleurs, je serai pour toujours une étrangère. Voilà ma vérité.

Je ne sais pas ce qu’est devenu Kristoff. Probablement qu’il mérite toute ma pitié. Est-ce qu’il a su se reconstruire une vie ? Je l’espère pour lui. Mais j’ai toujours considéré que chacun reste profondément responsable de sa vie, qu’elles que soient les adversités rencontrées. Il aurait pu réagir autrement, il aurait pu se défendre. Tout ce que j’ai dit n’était que mensonges après tout.. Peut-être qu’il a accepté les opprobres et les châtiments parce qu’il se soupçonnait capable des actes dont on l’accusait ? Peut-être qu’il a accepté d’être jugé coupable de ce qu’il se savait être au plus profond de lui ? Yvan me trouve cynique. Il trouve que j’ai perdu toute humanité au contact d’Eve. Il se reproche de ne pas avoir été là plus tôt pour moi. Il aurait pu m’inculquer plus de respect pour les autres. Ca me fait rire. Je le prends dans mes bras et je lui dit : « Attention Yvan, n’oublie pas qu’Eve n’aimait pas les doux, et moi je suis comme elle. » Il me sourit toujours, un peu tristement, et me répond que je ne suis pas comme Eve, que ça se voit tout de suite.

Les hommes ne m’intéressent plus que modérément aujourd’hui. Ils ne sont plus une source de fantasmagories pour moi. Je n’attends plus de vivre à leurs côtés quelque aventure transcendantale. Je suis bien loin de celle que j’ai été à quatorze ans. Ce soudain besoin de contacts humains et charnels m’avait bouleversé de fond en comble. J’avais besoin d’un homme. Personne n’aurait pu se mettre sur le chemin de cette envie-là. J’étais possédée par le besoin de Kristoff. La force qui me poussait vers lui était invincible. Pourtant je ne l’ai pas eu. Mais le scandale que j’ai suscité, les histoires que les gens se racontaient en m’observant du coin de l’œil ont fait office, tout un temps, de ce dont j’avais besoin. Je me rassasiais des images que les gens se créaient à mon propos. Je devenais ce qu’ils voyaient. Je suis restée longtemps dans cet univers de désirs moites, jamais comblés. Et puis, j’ai quitté Eve qui ne supportait pas mon état de chatte en chaleur comme elle disait. Je ne la supportait plus non plus. Je ne comprenais pas sa féroce hostilité soudaine. Elle me jetait des regards noirs de sorcière, pleins de mépris et de cruauté. Je croyais qu’elle était jalouse. Je suis partie un jour, je ne lui ai pas dit que je ne reviendrais plus.

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