L’amoureuse abandonnée #Les Portraits

On veut vivre du sentiment d’amour pour ne pas se perdre dans l’insensé, pour ne pas succomber au vain néant.

On vit d’amour pour un homme, pour une femme, pour Dieu. Pour ses enfants, pour des idées. Pour une passion : la musique, le pouvoir, l’accomplissement de soi.

L’amour est perte de soi dans ce qu’on a d’éphémère, d’inutile. Et dans cette perte on reconstruit un sens dont on espère qu’il nous nourrira toute une vie.

Que devient l’aimé abandonné, que devient l’amoureux en désamour? Il vit encore un peu en attente d’un autre amour. D’une autre fusion de lui dans autre chose que lui.

Que devient celui qui croit se passer d’amour dans l’une ou l’autre de ces formes?

Pourquoi l’amour humain est-il hiérarchiquement le premier de nos rêves d’amour?

L’amoureux déçu sait qu’il doit trouver un autre lieu pour se fondre que les êtres humains puisqu’il a compris la fragilité de ce lien. Il trouvera des buts, une passion et il espérera ne jamais en être déçu. Il cherchera du sens partout. Finalement il espérera en l’amour de Dieu ou de lui. Aimer, se perdre dans l’immatériel, l’absolu.

Notre vie peut basculer du jour au lendemain de la plénitude la plus satisfaite dans le vide mortifère : la perte de sens. Peut-on dire que l’un est vrai et l’autre faux? L’un nous aide, nous pousse à vivre, l’autre nous rend démissionnaire de la vie.

Notre liberté : donner du sens à notre vie, ou lui refuser tout sens. Accepter la vie comme valeur suprême ou n’avoir aucune valeur, ignorer même ce mot.

Le célibat est aussi une belle chose. On n’en parle pas assez dans les romans d’amour.

Une femme en amour : une femme alourdie et belle.

Une femme en célibat (célibataire du sentiment amoureux) : une femme violente, dure, forte et fragile comme un cristal en cuirasse.

Les femmes seules sont les plus fortes, les plus désirables, les plus sauvagement belles. Mais l’amour partagé, durant, tue en elles toutes ces beautés. Elles ne sont désirables que seules.

Elles leur crèveraient les yeux aux alourdies jusqu’au jour où les gosses, la maison, le mari leur paraissent d’une insipide vanité, une imposture. Et là elles connaissent vraiment le désarroi.

On ne parle pas ici des primitives chasseresses qui conquièrent les hommes pour leur plaisir et vivent libres et solaires. On parle de celles qui voudraient bien, mais ne peuvent pas. Un homme ou des hommes, un amour ou de la nymphomanie. Rien. Elles aiment à tout va et sont plaquées de respect attendri, vaguement fraternel.

©Catherine Pierloz 1995

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